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09-09-2010 - 16:33

Axes de recherche
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Axe 1. Dynamiques du marché du travail et protection sociale

Cet axe vise à analyser les dynamiques du marché du travail et celles de la protection sociale au sens large et participe à éclairer les enjeux relatifs à l’emploi pour les pouvoirs publics et les acteurs économiques et sociaux. Les thèmes abordés sont la segmentation du marché du travail, la conciliation vie familiale /vie professionnelle, l’insertion et les trajectoires professionnelles mises en perspective par rapport au système de protection sociale qui repose, aujourd’hui encore, essentiellement sur le statut professionnel. Cet axe privilégie tant l’analyse (statique ou dynamique) que l’évaluation et se place du côté de l’offre de travail. Essentiellement tournées vers l’économie du travail, les analyses prendront un caractère empirique et s’appuieront principalement sur des micro-données.

Compte tenu des changements démographiques, sociétaux et liés au marché du travail, il est nécessaire de mieux comprendre aujourd'hui le marché de l'emploi pour mieux anticiper les effets des politiques de demain. Le solde positif de la création nette d'emplois, la présence massive de frontaliers et d'étrangers, le faible taux d'activité des femmes sont des éléments de la spécificité luxembourgeoise dont il faut tenir compte dans l'analyse du fonctionnement du marché du travail luxembourgeois.

Pour comprendre le marché du travail luxembourgeois, il faut comprendre la façon dont s'articulent les différents groupes de main-d'œuvre en présence. Et, dans une démarche prospective par rapport aux réservoirs de main-d'œuvre qui seraient potentiellement disponibles pour venir conforter le stock de main-d'œuvre actuel, nous ciblons l'analyse du marché du travail sur les groupes de main-d'œuvre suivants : les frontaliers, les immigrés, les femmes, les travailleurs âgés, les chômeurs et les résidents luxembourgeois

Il existe déjà, au CEPS et ailleurs, une multitude d'études sur un ou plusieurs de ces groupes de main-d’œuvre qui permettent d'éclairer et de comprendre partiellement le marché du travail au Luxembourg. Fort de ces acquis, notre objectif est d'apporter un éclairage nouveau du fonctionnement du marché du travail en l’analysant dans sa globalité tout en décrivant la place et les évolutions possibles de ces différentes composantes les unes par rapport aux autres. Si notre approche privilégie l'analyse de l'offre de travail, de plus en plus d'éléments émanant de la demande de travail des entreprises seront intégrés à nos travaux.

Axe 2. Conditions et modes de vie

Cet axe vise à analyser de manière pluridisciplinaire les conditions de vie et les modes de vie de la population luxembourgeoise et participe à éclairer les enjeux relatifs à la cohésion sociale : les conditions de vie, en les étudiant sous l’angle des inégalités, les modes de vie, en étudiant la question des pratiques culturelles, de l’intégration des étrangers et en évaluant le système des valeurs et les aspirations de la population. Abordé de manière pluridisciplinaire, cet axe renvoie à différents pans de l’économie, à la démographie et à la sociologie et privilégie les études empiriques. Tantôt ciblées sur l’ensemble de la population, tantôt sur certains groupes, en particulier ceux en difficultés, les analyses se nourriront essentiellement de micro-données issues soit d’enquêtes conçues et réalisées au sein du CEPS/INSTEAD, soit d’enquêtes réalisées par d’autres institutions, soit encore de données administratives.

Les analyses en termes de conditions de vie vont se poursuivre dans la lignée de celles entreprises depuis une vingtaine d’années tout en leur insufflant de nouvelles perspectives. Deux volets se dégagent : d’une part, l’établissement d’indicateurs de cohésion sociale permettant d’éclairer les progrès réalisés au niveau national et, d’autre part, des travaux plus ciblés sur différents aspects des inégalités. Si une large place sera réservée aux inégalités en termes de revenus en abordant les questions de pauvreté monétaire, de redistribution des transferts et de leurs effets, d’effets des mutations sociales, particulièrement celles qui touchent la structure familiale et celles liées au marché du travail, sur la pauvreté monétaire, de transmission de la pauvreté, d’autres aspects des inégalités, qui ne touchent pas directement aux revenus seront abordés tels que les inégalités en termes de patrimoine, d’accès et de conditions de logement, d’existence, d’accès à la culture et d’accès aux soins. De manière transversale, tous ces thèmes intégreront la question du genre, des âges de la vie et, compte tenu de la structure de la population luxembourgeoise, la question de la nationalité.

Les analyses en termes de modes de vie et de système de valeurs seront développées autour de trois thèmes majeurs : les pratiques culturelles, l’intégration des populations étrangères et le système de valeurs de la population. Le thème des pratiques culturelles a été ouvert à la fin des années 90 grâce à une convention avec le Ministère de la Culture ; ce champ de recherche permet de suivre les comportements culturels des résidants. Avec 40% d’étrangers, le thème de l’intégration des populations étrangères s’impose comme une évidence. Si la question de l’intégration se pose à l’ensemble des étrangers, elle se pose de manière plus accrue encore pour ceux qui viennent d’arriver. Le thème de l’intégration vise donc à comprendre les processus d’intégration des primo-arrivants. Le troisième thème, le système des valeurs de la population, s’inscrit dans une approche pluridisciplinaire qui vise d’une part, à dresser le système de valeurs de la population luxembourgeoise et d’autre part, à donner une nouvelle orientation à l’analyse des décisions économiques individuelles qui s’appuie traditionnellement sur la théorie des préférences. Ce troisième thème s’inscrit aussi dans le programme international E.V.S. (European Values Study/Enquêtes sur les valeurs des Européens).

Projets: VALCOS (Valeurs & Cohésion Sociale)

Le développement d’outils d’investigation : transversal aux deux axes de recherche

L’orientation empirique des recherches nécessite le développement d’outils d’investigation qui font partie intégrante du projet. Il s’agit principalement de la mise en œuvre et de la réalisation d’enquêtes socio-économiques d’envergures nationale et internationale. A titre d’exemple, on peut citer les enquêtes menées en 2008:

  • le Panel Socio-Economique Liewen zu Lëtzebuerg – Statistics on Income and Living Conditions (PSELL/EUSILC). Cette enquête auprès des ménages vise à collecter des informations relatives aux conditions de vie, plus particulièrement aux revenus. Elle s’inscrit dans un processus européen ; elle est menée conjointement avec le STATEC et présente un caractère longitudinal. Cette enquête a débuté en 2003 et elle est réalisée chaque année auprès d’un échantillon représentatif de l’ensemble des ménages privés ordinaires (environ 3 500 ménages).
  • L’enquête "European Values Study (EVS). Cette enquête auprès des individus vise à collecter des informations relatives aux valeurs (familiales, du sens du travail, des attitudes religieuses et politiques). Cette enquête s’inscrit dans un programme d’enquêtes internationales.